Histoire du salon

En 2013, le salon Mode & Tissus a fêté les 40 années de célébration du tissu à Sainte-Marie-aux-Mines. Suivons le fil historique de ce rendez-vous incontournable de la mode dans l’Est de la France.

1973 – Les origines de la Fête du Tissu

Filature de coton de Schoubart & FilsDepuis le 18e siècle, Sainte-Marie-aux-Mines est devenue un lieu de création de tissus haut de gamme. Confectionnée à partir de fibres mélangés (coton / soie) jusqu’en 1840, la production textile du Val d’Argent s’est progressivement orientée vers la laine et les tissus écossais, qui connurent un grand succès commercial après 1871. Au 19e siècle, l’industrie textile locale était florissante : on dénombrait une centaine de manufactures, faisant vivre un bassin d’emploi de près de 20.000 personnes au total ! (plus d’infos)

A partir de 1955, les industriels du textile sont confrontés à une grave crise économique, et les fermetures d’usines se succèdent. Repreneur des Ets Leleu à Sainte-Marie-aux-Mines, M. Desservillier propose d’organiser une manifestation pour vendre les stocks à prix d’usine. Confrontés aux mêmes problématiques, les entrepreneurs locaux, regroupés au sein de la Société industrielle de Sainte-Marie-aux-Mines, suivent cette initiative et organisent la première Fête du tissu dès le printemps 1973.

LaFêteDuTissuOrganisée sous l’égide de la Société Industrielle, en partenariat avec l’Office de Tourisme, la première édition se déroule les 7-8-9 avril 1973 au théâtre de Sainte-Marie-aux-Mines. 100.000 mètres de tissus sont proposés à la vente, ainsi que dans les magasins d’usine. Une touche festive anime la ville, à travers des démonstrations de tissage sur des métiers à bras, des défilés de majorettes venues de Baccarat, et des aubades jouées par les sociétés musicales locales. Les restaurateurs s’associent à la fête en proposant le ‘plat du tisserand’, un Baeckeofe proposé à 10 francs l’assiette dans une ambiance conviviale. La première édition remporte un franc succès : près de 7.000 mètres de tissus sont vendus et la manifestation draine près de 15.000 visiteurs, incitant les organisateurs à la renouveler dès la saison suivante. La manifestations aura lieu chaque année au printemps et en automne, en correspondance avec les lancements des collections de tissus.

1988 – Les premiers créateurs de mode à la Fête du Tissu

Illstration défilé époque BarioniJusqu’alors limitée à une exposition-vente des tissus sainte-mariens, couplée à des animations grand-public, la Fête du Tissu modernise son concept dès l’automne 1988. Sous la présidence d’Alain Picard, PDG des Ets Edler Lepavec / Tissage des Chaumes, la Société industrielle sollicite des jeunes stylistes. Ils sont chargés de créer des vêtements à partir des étoffes produites à Sainte-Marie-aux-Mines, mises gracieusement à leur disposition par les industriels locaux. Sept jeunes créateurs strasbourgeois, regroupés au sein du groupe ‘Ainsi sont-ils’, et le couturier mulhousien Guiliano Barioni répondent à l’appel. Leurs créations sont présentés à l’automne 1988 lors d’un défilé se déroulant au théâtre, qui rencontre un vif succès.
Cette nouvelle formule fait recette et s’étoffe progressivement. Chaque année, un prix est offert aux jeunes créateurs plébiscités, qui se voient remettre la ‘navette d’or’ par le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Colmar. De même, un concours est organisé annuellement pour élire la ‘Reine de la Fête du Tissu’, qui se voit offrir un contrat dans une agence de mannequins. Les temps forts de la fête restent les défilés du couturier Barioni, avec lequel un contrat d’exclusivité a été signé pour la présentation de ses collections, Fête du Tissus 2001créées à partir des tissus sainte-mariens.

La Fête du Tissu voit sa notoriété dépasser le cadre régional. À partir de 1992, la manifestation ouvre ses portes à d’autres fabricants de tissus français, le nombre de fabricants locaux diminuant sensiblement. Cette même année, la Fête du Tissu accueille le concours Burda à Sainte-Croix-aux-Mines, ouvert aux couturières non professionnelles. En parallèle, les sections coutures des lycées professionnels régionaux sont sollicitées pour permettre aux élèves de présenter leurs créations.
(Visuel de la dernière Fête du Tissu, Octobre 2001)

1997 – De la Fête du tissu à Créatiss

Archives - vente de tissus1En 1997, l’Office du tourisme du Val d’Argent se voit confier l’organisation de la Fête du Tissu, avec pour mission d’apporter plusieurs retouches pour redynamiser l’événement. Dans un premier temps, l’espace commercial est réorganisé et placé dans des chapiteaux, aux abords du théâtre. La scène sainte-marienne devient un lieu de prestige, réservée aux défilés de mode. Les défilés, qui ont fait le succès de manifestation, sont désormais plus courts, mais plus nombreux. 4 défilés ‘flash mode’, d’une durée d’un quart d’heure sont organisés chaque jour. Ce désir de renouvellement se voit également à travers le défilé de Guiliano Barioni, qui fait défiler des ‘femmes sans têtes’ : des mannequins dont la tête est recouverte d’un voile noir afin de mieux porter l’attention du public sur les vêtements. En 2001, pour sa dernière édition, la Fête du Tissu sort du théâtre sainte-marien en organisant un défilé inédit dans les rues de Sainte-Marie-aux-Mines.

Logo CréatissEn 2002, l’Office de Tourisme prépare un renouvellement complet de la manifestation en s’associant à Corinne Lechevalier, conseillère en image et organisatrice en évènementiel installée à Mulhouse. Un nouveau concept transitoire du salon, appelé Créatiss (11-14 avril 2002), met en valeur les œuvres de jeunes créateurs (stylistes, modistes, plasticiens, brodeurs, dentelièrs, sculpteurs,…) parallèlement à la production textile. Le public est au rendez-vous ; cet évènement ponctuel aura été un investissement rentable puisqu’il permet au salon d’atteindre la fréquentation de 6000 visiteurs et de poser les bases de Mode & Tissus dès l’automne 2002 : un grand marché du tissu haut de gamme qui propose en parallèle un ensemble de prestations et de produits complémentaires axés sur le thème de la mode et de l’image.

2002 – 1ère édition du Salon Mode & Tissus 

ModeTissusAu fil des éditions, Mode & Tissus s’impose comme un salon de référence dans le Grand-Est en terme de choix textiles de qualité et de créateurs européens. À partir de 2006, le salon est confié à l’association Initiatives Évènements. L’offre se diversifie afin de proposer une variété plus complète (machines à coudre, mercerie, matériel et accessoires). Des ateliers de couture sont proposés afin de permettre aux visiteurs de s’initier ou de se perfectionner. Des concours sont organisés autour de la création textile et du relooking. Une conseillère en image prodigue des conseils avisés en sessions personnalisées ou lors des défilés, qui sont à chaque fois les moments forts des journées de visite. L’offre textile, enfin, s’ouvre progressivement vers l’ameublement en plus de l’habillement.

Une quinzaine de vendeurs de tissus (parmi lesquels des fabricants français) et une cinquantaine de créateurs, artisans et professionnels du monde de la couture et de l’apparence accueillent à chaque édition 6000 visiteurs venus principalement de France (Grand-Est), de Suisse et d’Allemagne.

2015 – Un nouveau souffle

Logo pour page Histoire du Salon Mode et TissusEn Juillet 2015, la nouvelle structure évènementielle de Sainte-Marie-aux-Mines, la Société Publique Locale ‘Évènementiel en Val d’Argent’, qui organise déjà la manifestation Mineral & Gem (30.000 visiteurs par édition), reprend l’organisation du Carrefour Européen du Patchwork et du salon Mode et Tissus.

Cette jeune équipe permet à la manifestation de retrouver une nouvelle énergie et de nouveaux projets à découvrir lors des éditions à venir : redéfinitions des valeurs du salon, évolution vers une éthique responsable, ouverture aux nouvelles matières et aux nouvelles technologies de production, espace de prestige ‘haut de gamme’, ouverture à de nouvelles clientèles masculines et féminines, etc.
L’offre du salon répond aujourd’hui à 3 demandes : le ‘do-it-yourself’ (faites-le vous-même), le ‘have-it-done’ (faites-le faire) et le ‘buy-n-wear’ (articles de créateurs), en plus d’une dizaines de temps forts quotidiens.    → Identité et valeurs du salon

Sources :
David Bouvier, archiviste intercommunal & animateur intercommunal de l’architecture et du patrimoine
Juliette Girardot, archiviste du service intercommunal Pays d’Art et d’Histoire
Service promotion, SPL EVA

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