Histoire textile en Val d’Argent

L’épopée du textile :
d
urant plus de trois siècles, le Val d’Argent a connu une activité textile intense.
L’essor du textile

Fabrique de SiamoiseDès le XVIe siècle, des bonnetiers, passementiers et drapiers s’installent dans le Val d’Argent et proposent des produits de qualité en Suisse et en France. À partir du XVIIIe siècle, des industriels mulhousiens, bloqués dans leur extension, s’y installent aussi.
Bien desservie par les routes, proche des marchés régionaux, la vallée dispose d’un réseau hydraulique bien développé, d’infrastructures héritées de la période minière et d’une main-d’œuvre abondante et qualifiée.
Philippe Steffan et Médard Zetter sont les premiers fabricants à s’implanter à Sainte-Marie-aux-Mines, rapidement rejoints par Jean-Georges Reber qui crée la première filature, permettant ainsi aux tisserands de s’approvisionner sur place, et par les premières teintureries, qui permettent de teindre les fils sur place. (Visuel : Fabrique de Siamoises)


Une organisation originale

5.45 tisserand lixL’originalité de la production ste-marienne réside dans le recours massif aux paysans tisserands travaillant à domicile. Les manufactures filent et teignent les matières textiles, confiées ensuite aux paysans des vallées voisines. Ce système de fabrication dispersée favorise le développement d’un grand nombre d’unités de production de petite ou de moyenne taille.
Les ouvriers n’étant pas regroupés en un même lieu, il permet de limiter les coûts de fonctionnement mais aussi les mouvements sociaux. Ce mode d’organisation, qui a retardé la mécanisation des outils de production, se révèle profitable à court terme pour le patronat. Il persiste jusqu’à la première moitié du XXe siècle.
(Visuel : métier à tisser manuel, utilisé à domicile et dans les ateliers de tissage jusqu’à la fin du XIXe s.)


L’article de Sainte-Marie

HistoriqueL’article de Sainte-Marie se décline en différents modèles selon les époques.
La siamoise, le guinghan et l’écossais sont les plus connus. Les premières décennies d’activité sont marquées par les cotonnades. À partir de 1840, les industriels innovent en proposant des mélanges coton, soie, laine et les premiers tissus pure laine et pure soie.
Avec l’annexion à l’Allemagne en 1871, ils se tournent vers le marché allemand et c’est la reconversion quasi-totale à la laine. Après 1946, Sainte-Marie-aux-Mines demeure un grand centre lainier, les mélanges de coton et de laine aboutissent à la création d’un nouveau modèle : la lavablaine.


Des années prospères

Lacour1Grâce à l’industrie textile, la vallée connaît un développement économique exceptionnel qui atteint son apogée au XIXe s. En 1803, on dénombre à Ste-Marie-aux-Mines 600 métiers battants de siamoises. Un commerce fructueux s’établit avec Paris et plusieurs capitales européennes. Sainte-Marie-aux- Mines devient rapidement un centre reconnu pour la qualité de ses tissus.
En 1866, 9’500 personnes sont occupées dans les manufactures et la ville compte 12’350 habitants. Plus de 100 fabriques textiles y ont fleuri. Malgré les guerres et les crises économiques, l’activité se développe sur l’ensemble du territoire jusque dans les années 1950.
(Visuel : Sainte-Marie-aux-Mines en 1883 ; de nombreuses fabriques occupaient le centre-ville.)


Le déclin

usine sotric successeur de BlechÀ partir de 1954, une grave crise secoue l’industrie textile du Val d’Argent. Elle puise ses origines dans la mévente des tissus écossais, spécialité locale, la hausse des prix des matières premières et des salaires et le vieillissement du matériel et des méthodes de production.
Confrontées à des problèmes de trésorerie, de nombreuses entreprises ne parviennent pas à s’adapter aux nouvelles exigences du marché et à faire face à la concurrence asiatique. La crise se généralise au cours des années 1970 et les fermetures se multiplient. (Visuel : usine Sotric à la fin des années 1960)


Le textile aujourd’hui

Capture d’écran 2015-10-10 à 00.00.16De la centaine de fabriques textiles en activité au début du XXe siècle, il ne subsiste aujourd’hui plus qu’un seul atelier de tissage (Tissage des Chaumes).
La manifestation Mode & Tissus réunit deux fois par an à Sainte-Marie-aux-Mines des fabricants désigner et distributeurs de tissus haut de gamme. Elle propose en offre complémentaires des créateurs (vêtements, bijoux, accessoires), du matériel de couture, des animations et toute une gamme de services. Cette manifestation phare, qui attire chaque année plus de 12’000 visiteurs, contribue à perpétuer la tradition du travail du textile dans la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. (histoire du salon)

Source : ‘Laissez-vous conter les fabriques textiles’ par le Pays d’Art et d’Histoire.

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